Les troubles du comportement alimentaire

Les principaux troubles du comportement alimentaire sont la boulimie, l’hyperphagie boulimique et l’anorexie mentale. Une personne qui développe un trouble de l’alimentation présente une sorte de phobie de prendre du poids ou de perdre contrôle sur la prise de poids. Dans cette idée, la personne va se restreindre de manger certains aliments ou va s’alimenter de manière excessive en compensant cela en faisant de l’exercice à outrance, en se faisant vomir ou encore en prenant des diurétiques ou des laxatifs, par exemple.

Comment développe-t-on un trouble du comportement alimentaire ?

Un trouble du comportement alimentaire est une maladie qui s’installe chez une personne qui a des prédispositions biologiques, physiologiques, psychologiques, associées à des événements de vie qui vont précipiter ces facteurs vers le trouble. Les événements de vie peuvent être divers, ce peut être la société qui exercent une pression quant à l’idéal minceur, un traumatisme qui a eu lieu durant l’enfance, un stress, une profonde solitude, un manque affectif, etc. Les troubles alimentaires touchent surtout les femmes et les jeunes de 12 à 25 ans, mais ils peuvent également frapper les garçons et les hommes dans toutes les tranches de vie.

Quels sont les différents types de troubles du comportement alimentaire (TCA) possibles ?

On parle souvent de trois formes de trouble du comportement alimentaire prédominants : la boulimie, l’hyperphagie boulimique et l’anorexie mentale. Il existe d’autres TCA dits « atypiques » comme l’orthorexie (obsession alimentaire focalisée sur la qualité), les conduites alimentaires restrictives obsessionnelles, le grignotage pathologique ou encore la rumination. Mais nous allons nous pencher sur les trois formes les plus répandues.

Le premier trouble est la boulimie qui consiste à ingurgiter une grande quantité de nourriture de façon frénétique, sans avoir faim. On établit souvent un lien avec des carences émotionnelles. Elle est réellement liée à des problèmes psychologiques. On parle de compulsions alimentaires car la personne mange jusqu’à ne plus savoir où pouvoir s’arrêter. Elle ne ressent plus la sensation de satiété. A la suite de l’ingestion compulsive, la personne boulimique va mettre en place des conduites compensatoires pour essayer, en quelque sorte, de se purger de cette prise de nourriture : en se faisant vomir, en prenant des laxatifs, des diurétiques, ou encore en s’astreignant à une pratique sportive excessive. C’est une réelle maladie qu’il ne faut pas négliger et qu’il est important de prendre en charge.

Le deuxième trouble alimentaire dont on va parler est l’hyperphagie boulimique, on retrouve le même schéma de compulsion alimentaire que la boulimie, avec l’absorption de grandes quantités de nourriture sans en éprouver de plaisir particulier, mais sans conduites compensatoires. La personne ne va pas se faire vomir ou prendre de produits pour se purger. On remarque tout de même la présence de regrets. La personne a des crises régulières sur fond d’angoisse, de tristesse ou de solitude. Ces personnes sont quasi systématiquement en surpoids ou obèses, ce qui entretient une forme de mal-être dont elles vont se nourrir pour s’imposer ce comportement sous la forme d’un cercle vicieux qui s’installe progressivement de manière insidieuse. La personne qui souffre d’hyperphagie mange et stock ce qu’elle ingurgite. Les critères qui doivent alerter sont : manger plus rapidement que la moyenne, manger jusqu’à en avoir mal au ventre ou éprouver une gène abdominale, manger sans avoir faim, manger seul en se cachant et se sentir coupable ou ressentir du dégoût une fois que l’on a mangé. La personne n’assume pas de manger , elle peut faire disparaitre des emballages de nourriture pour éviter d’être suspectée.

Le troisième trouble est l’anorexie mentale qui consiste en une privation alimentaire intense par le besoin de se restreindre par peur de grossir. Au début de la maladie, la personne éprouve une certaine forme de jouissance , de gratification à se restreindre et à maigrir. Elle se sent admirée et son mal-être et souvent calmé par ce comportement. Le début de la maladie est ainsi difficile à vraiment définir. On peut tout de même dire que l’anorexie commence quand la personne s’impose de façon obsessionnelle ce comportement de privation sans que personne puisse intervenir pour essayer de la « raisonner ». Elle est prise dans un engrenage dans lequel elle ne pourra plus aller bien. Ce TCA est associé à une origine psychologique. FREUD, le fondateur de la psychanalyse, considère l’anorexie par une peur de grandir, le refus de la féminité chez la femme, de sa sexualité et du corps érotisé. Dans les années 80, l’approche systémique considère l’importance du terrain familial. De manière symbolique, en maigrissant, la personne prend « moins de place ». Dans la plupart des cas, on admet que la personne porterait un poids au sein de sa famille, en maigrissant, elle montre au monde extérieur que son système est malade. Les conflits familiaux sont la première cause d’anorexie chez les adolescents : un divorce des parents, un appel à l’aide, un trauma vécu au sein de la famille. Les liens de l’attachement sont remis en question. On parle aussi d‘anorexie-boulimie lorsqu’il existe une alternance de contrôle et de privation intense et de compulsions alimentaires avec des conduites compensatoires (vomissements, laxatifs).

Quelque soit le trouble alimentaire dont un personne souffre, il est conseillé d’aller en parler avec un médecin, un psychologue ou un professionnel de santé afin de ne pas rester seule face à son trouble du comportement alimentaire. La personne a généralement subit des choses, visibles ou non, qui ont un impact sur elle. C’est n’est pas parce qu’on ne voit pas une blessure, qu’elle n’existe pas.

Quelles sont les causes d’un TCA ?

Les causes sont multiples, elles peuvent être sociales, psychologiques, traumatiques et environnementales. Il a été admis que la de la mise en place d’un trouble du comportement alimentaire aurait souvent quelque chose à voir avec les médias. L’idéal minceur, le besoin d’être au régime, le rapport à l’image corporelle largement diffusée via les réseaux sociaux, participent à influencer les personnes sujettes à déclarer cette maladie. Néanmoins, cette ambiance de fond ne suffirait pas à elle -même de déclencher un TCA, il faut aussi l’existence d’un mal-être profond, des facteurs familiaux, une certaine fragilité psychologique liée aux facteurs génétiques, par exemple. Généralement, les troubles se déclenchent quand les besoins affectifs fondamentaux ne sont pas respectés : besoin de se sentir en sécurité, respecté, exister, aimé, accepté. Les sentiments, les émotions, n’ont pas été entendus. La personne a en réalité non pas besoin de se remplir de nourriture à proprement parlé, mais de nourriture affective et émotionnelle. Elle a besoin de prendre soin d’elle sans culpabiliser, avec amour et bienveillance. L’objectif sera de réapprendre à son cerveau d’écouter ses vrais besoins et de mieux les considérer de sorte de les combler de manière saine.

Est-il possible de guérir d’un TCA ?

Oui, il est possible de guérir un trouble du comportement alimentaire. Plus de 2 malades sur 3 guérissent complètement. Dans les 30 % qui restent, 10 % vont mieux grâce au traitement et la prise en charge. Enfin 10 % vont moyennement bien mais malheureusement, 10 % restent prisonniers de leur trouble alimentaire.

Comment guérit-on ?

On guérit grâce à l’accompagnement pluridisciplinaire des professionnels de santé. On va proposer à la personne une prise en charge adaptée à ses souffrances qui implique nécessairement le psychologique, le corps et la nutrition. Il est indispensable d’accompagner psychologiquement la personne dans son mal-être. Il sera important de prendre en compte et d’agir sur les émotions négatives qui la submergent, travailler sur l’estime de soi, réduire le risque de déclenchement des crises. L’enjeu sera de la protéger au mieux psychologiquement parlant. Un suivi nutritionnel sera aussi envisagé afin de réapprendre à manger sainement, de manière équilibrée en proportion juste. La personne devra de nouveau prendre ses repas en famille ou le cas échéant, être entouré de ses proches.

Guérir en soignant les blessures émotionnelles :

On va soigner la vie sociale de la personne qui, souvent, sent qu’elle a du mal à vivre des relations équilibrées. Son trouble alimentaire l’empêche clairement d’avoir des relations normales avec ses proches et cela handicap son quotidien à cause des rituels liés à la nourriture, aux compulsions ou aux pratiques compensatoires. Elle ne se sent plus libre, comme prisonnière de son trouble, elle en a honte et elle culpabilise.

Les blessures du passées vont aussi être soignées. On parle de traumatismes du passé et tout ce qui n’a pas été traités et qui envahit la personne dans son présent. Cela peut être un deuil non fait, un trauma jamais verbalisé, passé sous silence, des suites d’une maltraitance, d’une agression physique, d’un harcèlement psychologique, d’un environnement insécurisant, d’une trahison, d’un abandon, d’un rejet, d’une humiliation, d’un sentiment d’injustice. La nourriture devient un moyen de compenser et de faire face pour les apaiser. On viendra questionner les réels besoins fondamentaux à remplir.

Un travail autour de l’estime de soi sera aussi proposé : « quel regard la personne porte sur elle-même? Quelle image de soi a-t-elle ? Est-elle dans la bienveillance ou au contraire de l’autocritique négative au quotidien? Comment son poids influence-t-il sa façon de se percevoir ? De quoi a-t-elle réellement besoin ? De quoi aimerait-elle être rassasiée ? »

Enfin, la santé psychologique de manière globale sera traitée car le TCA est toujours l’indication d’un déséquilibre psychologique, un manque, une blessure émotionnelle qui n’est pas réglée. Les signes qui peuvent alerter sont les troubles anxieux associés, les troubles de l’humeur, la dépression, le déficit de l’attention et l’hyperactivité. D’autres réactions de compensations peuvent venir s’associer comme les addictions, les conduites sexuelles à risques.

Le repérage et la prise en charge précoce de la boulimie, de l’hyperphagie, mais aussi de l’anorexie mentale, permettent de prévenir le risque de l’évolution vers une forme chronique avec des risques de complications somatiques, psychologiques et psychosociales. La personne qui souffre d’un TCA a tendance à s’enfermer dans une spirale psychologique négative et à s’isoler. C’est généralement l’entourage ou les proches qui prennent l’initiative d’entamer pour elle une prise en charge adaptée. Il sera essentiel de se faire suivre psychologiquement pour soigner l’ensemble des problématiques psychiques dont la personne souffre profondément.

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